Le titre de l’œuvre s’inspire de trois déesses des mythologies romaine et grecque qui tissent le fil de chaque vie humaine.
À leur image, le temps, dans la danse, se défait et se retisse sans cesse – mesuré, étiré, coupé, et se recréant continuellement.
Au cœur de la performance se trouvent les danseurs, évoluant dans le tourbillon de la culture moderne.
Le corps est propulsé vers l’avant, parfois jusqu’à la limite de la répétition mécanique ; des mouvements récurrents s’enchaînent tout en restant figés – reflétant le paradoxe entre mouvement constant et immobilité.
Et puis, soudain, le temps ralentit.
Il s’ouvre, se libère de l’urgence, laissant place à la présence et à la réflexion.
Un mouvement empreint de douceur et d’abandon – une reconnaissance de la fragilité et de la beauté de l’existence.
L’espace chorégraphique oscille entre l’individuel et le collectif, entre gestes solitaires et cercles partagés.
Ainsi se déploie un dialogue entre le temps linéaire, qui avance sans cesse, et le temps cyclique, qui revient à l’infini.
Les événements extrêmes de ces dernières années nous amènent à nous interroger : comment vivons-nous notre temps ? Que signifie être présent au sein d’une réalité en perpétuelle mutation ?
Nona est une œuvre sur le temps, mais aussi une invitation à la pause.
À l’écoute.
Au mouvement.
Pour comprendre que, si le temps nous échappe, il est aussi la seule chose véritablement entre nos mains.
Comme un fil délicat que l’on peut tirer, défaire et retisser, encore et encore.